jeudi 21 février 2008

Il était une fois...

La Politique pour les Nuls pense à vos enfants et vous propose ce conte idéal pour endormir les plus jeunes… comme les plus vieux...Il était une fois dans le pays des droits de l'homme, un roi très petit, très laid et très méchant. Il avait réussi a prendre le trône en étant le parfait courtisant des nobles et en faisant croire au peuple qu'un grand danger venant de l'étranger allait les détruire.

Il faisait tout pour donner l'image d'un bon roi préoccupé par le devenir de ses sujets en étant partout à la fois. Quand la peste décimait le pays, il avait toujours une bonne blague pour remonter le moral des mourants. Quand la famine arrivait, il organisait des grands repas avec les nobles pour financer la mise en place de fosses communes. Quand la guerre grondait, il était toujours en première ligne pour assister au spectacle dans les meilleures conditions.

Le bon roi, comme tout polygame qui se respecte, avait de beaux enfants mis bas par ses nombreuses courtisanes qui avaient la fâcheuse habitude de le quitter aussitôt qu’il avait vidé ses bourses pour elles.

Tout allait pour le mieux pour le bon roi mais il lui manquait une chose : une reine. Mais comment faire pour trouver une reine quand on est si petit, si laid et si méchant ?

Pour ce qui est de la taille, il alla voir le meilleur cordonnier du royaume qui lui fabriqua les plus discrètes des talonnettes. Pour faire oublier son physique ingrat, il commanda à tous les plus grands peintres du royaume des portraits retouchés et s’entoura de gens aussi laids que lui. Mais pour la méchanceté, il n’y avait pas grand-chose à faire. Il avait tout essayé et même les mensonges, qui d’ordinaire fonctionnaient parfaitement avec ses sujets, n’arrivaient pas à faire croire qu’il avait changé.

Un beau jour, alors qu’il recevait dans son château les représentants des troubadours vénaux qui venaient demander au roi de faire couper la tête à toute personne chantant une de leurs chansons sans les payer, il rencontra une jeune femme de quarante ans merveilleusement dénuée de talent. De très nombreux nobles de la cours la connaissaient déjà en profondeur et le roi savait qu’elle avait même eu des relations avec un de ses plus repoussants conseillé au sexe mutilé. Vu l’impressionnante liste de ses conquêtes, avec un peu de chance, elle était peut-être même nainphomane…

Il fit alors convoquer son repoussant conseillé afin de savoir comment faire pour conquérir le cœur d’une telle femme. « Mais mon bon roi » lui dit-il, « rien de plus facile. Il ne faut pas se fier aux apparences mais cette femme n’a ni cœur, ni cerveau, ni conviction, ni amour propre. C’est un morceau de viande qui n’aime être servie qu’avec de l’oseille. Et votre puissance, mon roi, fera l’affaire même si vous êtes le plus petit, le plus repoussant et le plus méchant homme de tout le royaume. »

Le roi fit alors convoquer la jeune femme de quarante ans dans sa chambre pour la gaver de ses royales fluides comme le veut la coutume. Non contente de s’exécuter sans la moindre réflexion, elle prenait un tel plaisir à être en compagnie de l’impuissant le plus puissant du royaume qu’elle en oubliait sa taille, sa laideur et sa méchanceté. Un vrai conte de fée pour le bon roi qui avait enfin trouvé sa reine. Cependant, ne voulant pas se ridiculiser une fois de plus avec la fuite de sa compagne dans les membres d’hommes de taille normale, il préférait cacher sa relation jusqu’à ce qu’il soit certain qu’elle soit la bonne.

Quelques semaines plus tard, le bon roi eu la mauvaise idée d’inviter dans son royaume un colonel sarrasin pour lui vendre des armes afin de financer l’achat d’une couronne pour sa reine et le remballage de cette dernière, qui même pour une jeune femme de quarante ans, n’était pas de toute première fraicheur. Mais c’était sans compter sur ce qui avait fait de lui le roi : Le racisme de son peuple. Il avait beau expliquer que c’était justement pour contribuer à réduire le nombre de sarrasins dans le monde puisque son acheteur allait se servir de ces armes contre son peuple, rien n’y faisait et la révolution semblait inévitable.

C’est alors que Merlin l’enchanteur, le meilleur conseillé en communication du roi, eu une idée de génie : Utiliser la nouvelle compagne du roi pour faire oublier ce malheureux épisode. Pour ce faire, le roi devait mettre au grand jour sa relation avec la future reine.

Aussi, il décida de s’afficher à ses côtés dans l’endroit le plus populaire du royaume où l’on rencontre le plus grand nombre de simples d’esprit : le château du seigneur aux grandes oreilles. La future reine était parfaite et bien qu’habituellement un peu gauche, elle savait aussi bien simuler que le roi le bonheur d’être proche de son peuple. Elle prenait la pose à volonté avec un sourire faisant oublier le royal fluide qui pendait encore à ses lèves et allait même jusqu’à toucher de jeunes gueux sans leur faire passer de tests ADN. Le roi était heureux comme le petit garçon qu’il a toujours été par la taille, tant le plan de Merlin fonctionnait à merveille : Tout le royaume ne parlait plus que des futures noces royales et rien d’autre ne comptait.

Mais le roi ne voulait pas précipiter les choses et attendre la bonne occasion avant d’annoncer son mariage. Déjà, il avait habilement utilisé le départ de sa dernière femme pour que la grève des conducteurs de carrioles passe inaperçu ou du moins pour que le peuple se focalise plus sur le triste destin de son roi plutôt que sur leurs problèmes de transport. Aussi, il préférait attendre d’être au plus bas dans le cœur de son peuple pour sortir son atout « dame de cœur ». La jeune femme de quarante ans et sa mère n’avaient pourtant cesse de déclarer qu’une demande en mariage avait été faite, que le roi était prêt à tout pour faire d’elle sa reine.

Le roi de son côté faisait tout pour calmer les ardeurs de ces dernières en organisant des voyages exotiques avec sa belle. Car là, brunie par le soleil, elle ne disait plus un mot et renvoyait une image plus que positive du roi si petit, si laid et si méchant mais si bien accompagné. Mais ce qui importait le plus au roi pour le moment c’était de faire oublier l’affront qu’il avait subi quand son ancienne épouse l’avait quitté pour assouvir ses besoins sexuels et ses fantasmes avant d’être ménopausée. Il faut dire qu’elle n’avait pas eu beaucoup de chance dans sa vie sentimentale et sexuelle puisqu’avant de devenir reine, elle était mariée à un vieux pédophile drogué qui l’avait prise comme épouse uniquement comme un alibi.

En temps normal le roi aurait fait pendre la traitresse à des crochets de boucher dans la capitale, mais il avait tellement répéter au peuple qu’il avait changé qu’il ne pouvait pas s’adonner à ce genre de vengeance. Non, il lui fallait quelque chose de bien plus discret, de bien plus pervers.

Déjà, le séjour dans le château du seigneur aux grandes oreilles avait un arrière gout de revanche puisque c’était un des endroits favoris de l’ancienne reine. Mais le roi ne voulait pas s’arrêter en si bon chemin et avait décidé de frapper un grand coup en se rendant là où tout avait commencé pour effacer l’affront, le souvenir de la trahison et de l’orgueil blessé : Pétra. En effet, c’est dans cette citée que l’ancienne reine était partie deux années plus tôt pour rejoindre son amant, le beau Richard Cœur de Lion Vous N’avez Jamais Mangé De Camembert. Aussi, le roi voulait absolument s’afficher avec sa nouvelle conquête là même où il avait été trahi. Charmée par tant de romantisme, la nouvelle dame de cœur du roi en profitait elle pour asseoir un peu plus sa future position de seconde première dame et introduire au peuple un nouveau prince héritier issu de sa relation passée avec le fils de son amant éditeur. Le Roi, bien que parfait dans le rôle du père de substitution, avait la tête ailleurs et n’arrivait pas à oublier son ancienne compagne. Il était prêt à tout pour la récupérer, même morte, car sa nouvelle conquête lui faisait peur et ne lui apportait pas entière satisfaction : il lui arrivait de chanter…enfin façon de parler car les gardes pensaient à chaque fois que l’on égorgeait les petits trois petits cochons royaux JeanJean, PierrePierre et LouisLouis.

Merlin, qui d’ordinaire faisait passer des vessies pour des lanternes au peuple entier, avait de plus en plus de mal à gérer la situation. Le regroupement familial et la polygamie faisaient partis des grandes batailles menées par le roi pour arriver au pouvoir et le peuple, bien qu’ignorant et docile, risquait de mal interpréter les agissements du roi dans ces domaines.

Heureusement que la future reine n’était pas de race impure et qu’elle n’était pas basanée sinon la révolution gronderait déjà dans le pays… Il fallait donc trouver une nouvelle formule magique qui, pleine de force tranquille, allait permettre au peuple de retrouver confiance et au roi de faire ce que bon lui semble. La guerre avait toujours été un bon moyen de galvaniser le peuple et de le rapprocher de son roi. Il fallait que le roi montre son désir de conquérir le monde, d’écraser ses voisins, d’imposer sa politique de civilisation pour que le peuple soit à nouveau en osmose avec leur souverain. Aussi, Merlin avait convié 600 des messagers les plus influents du royaume au château pour que le roi puisse diffuser sa bonne parole aux quatre coins du pays et éviter la moindre révolte.

C’est à cette occasion que le Roi décida d’annoncer son futur mariage. D’abord pour distraire le peuple en cette période de disette, mais aussi et surtout pour se remarier avant son ancienne compagne qui s'affichait de plus en plus avec son beau Richard… Aussi, quelques semaines plus tard et après avoir envoyer de nombreux messages à son ancienne compagne pour qu’elle revienne, le Roi se résigna à marier la jeune femme de quarante ans et d’en faire la nouvelle reine. Après une minute de noce aussi inoubliable que torride, le Roi et la nouvelle Reine vécurent et eurent pleins d’enfants tous plus laids et méchants les uns que les autres.

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